La valeur et son prix

dans Le blog de JPA

Choc des consciences, chocs des marchés

 

Du niveau des retraites au prix du pain en passant par… le prix de notre prestation, une confrontation assurément passionnée à défaut de raisonnable, quoi que…

Nous sommes tous régulièrement confrontés à la difficulté d’obtenir un prix que l’on qualifiera de « juste » à une prestation que l’on qualifiera de « sincère ». Soit, encore l’atroce dilemme entre le prix du vendeur et celui de l’acheteur, avec en point de mire le maître supposé du « marché », qu’il va falloir détrôner pour le ramener à celui de « zone d’échange », au risque de rester dans une relation dominant / dominé (cf. mon article sur le prix Nobel 2016 et la théorie des contrats revisitée), avatar incontournable du 19ème, … heureusement en voie d’atomisation.

 

Si Karl Marx nous vente la domination absolue de l’homme sur le marché, Keynes ajoutant sa touche de nécessité d’une offre dynamisée par la relance un Etat qui … maîtrise le marché (on rêve début 20ème, on en pleure au 21ème), l’économie disruptive de nos temps actuels laisse perplexe le créateur de richesse que je suis, écartelé entre le « nécessité fait loi » de la confrontation au « prix du client », la fameuse « capacité contributive », le « budget voté » ou encore le « panier moyen », et la magnifique prise de conscience de la valeur ajoutée si extraordinairement mise en avant par le client final dans sa quête effrénée d’empowerment qui me pousse moi et vous autres acteurs des temps [réellement] modernes à balayer vos schémas marketing pour vous atteler à la redéfinition de la valeur de votre prestation non pas à la lumière de l’acheteur professionnel mais à celle du client final, particulier, homme de ménage, femme de tête, bon salarié ou noble TNS (travailleur non salarié, un libéral quoi) qui du bout de son smartphone vous hurle son exigence de transparence, d’humanité et de performance surtout !

 

Alors, si la loi du marché vous dicte son dictat et que, d’errance en désœuvrement vous opinez à lâcher du lest pour « vendre » au prix proposé, vous êtes alors confronté, au-delà du marché, à la fameuse question du « je ressemble à quoi quand je me regarde dans la glace », soit encore à votre jugement sur le prix concédé à votre prestation.

 

C’est alors que pourrait se déchaîner dans votre mental comme dans le mien de magnifiques conflits entre votre éducation judéo-chrétienne ou autre valeur forcément moralisante, l’incitation marketing de vos associés c’est-à-dire votre femme votre partenaire ou votre banquier qui pointe la bassesse du CC (compte courant), quand ce ne sera pas votre conscience à la mode « revisitée par mon vécu » soit encore par votre égo passablement dimensionné qui, interpellé par un prix forcément trop bas à ses yeux tire une sonnette d’alarme que certaines hormones, surtout masculines, ne pourront absolument pas laisser passer, à moins que ce ne soit messieurs Freud et Jung qui agitent tout d’un coup devant vos yeux hébétés le spectre d’une névrose annoncée si vous pliez devant le client ou le marché…

 

Névrose, valeurs, marché, conjoint, partenaire ou associé, … là ce n’est plus le grand écart mais bien le choix d’une vie entre la misère karmique d’une damnation irrépressible autant que répugnante mais annoncée, ou bien, dans un sursaut salutaire digne d’un skipper de haute mer par 55 nœuds ou d’un premier de cordée dans un V sup de nuit, la manifestation éclatante du sursaut de l’intelligence et de votre émotionnel qui, à votre grande surprise mais comme un tsunami de vie qui vient du plus profond de vos entrailles dit « non à la médiocrité » et vous tend vos plus belles valeurs à magnifier dans la relation client que vous souhaitiez depuis toujours : afficher le juste prix de la valeur.

 

Confrontés au niveau des prestations attendues pour la retraite ou au prix d’une prestation à venir, l’humain qui pense et qui pèse sa vie ne saurait faire fi de son émotion.

 

La conscience du « juste prix » est d’emblée confrontée à la capacité du co-contractant, que ce soit l’Etat pour la retraite ou le client pour le business, à juger du juste. S’en suis une excellente réflexion sur d’une par le niveau d’éducation (basique), la capacité sensorielle et émotionnelle (plus rare, Steinerien ou Montessorien par exemple), et le respect sociologique de l’équilibre du contrat (jurisprudentiel ou éthique), … des terrains d’échanges où la lumière côtoie les ténèbres, tout le quotidien du dirigeant, tout le quotidien de ce qui gagnent leur vie par la vente de leurs valeurs, de leurs créativité, de leur amour des valeurs les plus hautes.

 

Jean-Pascal AMIGUES
Gérant fondateur AMC

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