Du contrat sans cause au bonheur sans cause

dans Le blog de JPA

Hilarité des prises de conscience non conventionnelles

 

Alors on peut maintenant (ordonnance du 10 février 2016) valider et signer un contrat « sans cause ». Pour un civiliste des années 80, je fus surpris. Encore un coup des british me suis-je dis ! Certes, l’influence du droit anglo-saxon sur le nôtre n’est plus à démontrer. Il est là. Une affaire de civilisation, qui bouge. Un mal pour un bien, et réciproquement. Un contrat sans cause vous imaginez ? Eh bien oui, c’est déjà un contrat, avec sa structure, ses signatures, … mais sans cause, sans fondement dirait-on.

 

Rappelons que pour être valable, un contrat [devrait] avoir quatre conditions : la cause de l’obligation, l’objet, le consentement, et la capacité à contracter. La cause n’est plus mais demeure dans l’ombre.

 

Amusons-nous un instant à juxtaposer cette novation du droit avec le bonheur sans cause, état de flottement incompréhensible mais bien là, légèreté absolue à défier les élémentaires de l’apesanteur, un défi à la rationalité structurée si difficile à atteindre dans le bonheur « avec » cause.

 

Or voici un paradoxe intéressant. Et si comme en droit, la perte du bonheur avec cause ne tenait pas dans la substance même de son fondement, l’existence de la cause, quête rationnelle s’il en est, objet de convoitise, assurément base de nombreux conflits humains car matériel, perceptible, identifiable, monnayable, mesurable et donc critiquable. Non voici qu’il est intéressant de s’appesantir sur le bonheur sans cause, celui que personne de vous piquera par qu’il n’est pas identifiable si ce n’est la mine béate que vous arborez au vent et à la barbe d’autrui, jour après jour, contre vents et marées, contre la médiocrité la maladie et la jalousie évidente des cerveaux gauches qui vous regardent agacés.

 

Alors vive le contrat sans cause, le contrat qui permet aux affaires de se faire, avec un objet, un but mais pas de cause, une orientation donc atrocement factuelle ou bien délibérément éthérique ? C’est tout le débat ! Pour ma part je penche vers une perte cérébrale de l’âme du contrat, un alignement avec le ras des pâquerettes, une suffisance qui sied à certain, une misère de simplification, pour le bonheur et la légèreté des affaires !

 

Jean-Pascal Amigues
jpamigues@amcsa.fr
Gérant fondateur – AMC

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